JÉRÔME MINARD, Nouvelles peaux, 2021, encre sur papier, 32,5 x 50 cm.jpg

 

JÉRÔME MINARD. Né en 1984, vit et travaille à Lille.

Transformer le modèle de la nature pour incarner le déclin de la société moderne est devenu le motif central de mon travail. Le végétal et l‘organique se confondent à travers des terres hostiles et disséminées hors de toute mémoire. La présence humaine se fait rare, elle survie dans un écosystème en restructuration dont le déploiement mute les vestiges de sociétés en territoires à explorer. Ses recherches tendent à créer des espaces de disparition, effaçant frontières et temporalités. C‘est précisément autour de cet intervalle que s‘articule mon processus de création. La matière surinvestit l‘espace afin de manifester le conflit entre l‘écho d‘une époque connue et sa mutation incertaine, la résistance de l‘un au recouvrement par l‘autre. Les dessins, réalisés à l‘encre et au rotring, composent des paysages en proie à des processus énigmatiques. Il s‘agit de créer des images aux phénomènes multiples dans un monde animé par sa recomposition et au sentiment de mystère lié à sa redécouverte. De ces impressions décousues émerge une dimension fantastique où les formes semblent percer le monde physique, échappant à toute tentative de contrôle par leur débordement imprévisible. Il n‘est pas question d‘expliciter les raisons d‘une transformation radicale du monde, mais de laisser le spectateur s‘immerger au sein de paysages fragiles et instables.